Simulation d’un accident industriel à Révima : découvrez comment Caux Seine agglo s’adapte à cette situation de crise

Jeudi 12 juin, un exercice de sécurité civile au cœur de Revima, à Rives-en-Seine, piloté par la Préfecture de Seine-Maritime a mis une partie de la population de Caux Seine agglo en alerte. Découvrez comment Caux Seine agglo réagit dans la gestion de crise et adapte des réflexes de mise en sécurité de ses agents comme de la population.

Vous avez été nombreux à réagir jeudi 12 juin à l’annonce d’un exercice industriel sur le site de Révima, à Rives-en-Seine. La Préfecture de Seine-Maritime, pilote de l’opération, avait annoncé la nouvelle sur ses réseaux sociaux, la veille, précisant que l’exercice entrainerait la fermeture temporaire du Pont de Brotonne pendant la journée… mais sans donner d’horaires.

« Pouvez-vous nous dire à quelle heure cette fermeture interviendra pour nous permettre de nous organiser ? », demandiez-vous le plus souvent sur les réseaux de Caux Seine agglo, qui avait republié l’information.

La remontée d’informations, une question essentielle !

Sachez que même si l’agglomération était concernée par l’exercice car totalement intégrée dans la zone d’impact, elle n’avait pas plus d’informations que le grand public sur le sujet. La Préfecture était seule maître à bord. Et c’était bien là l’intérêt de cet exercice que de tester la faculté de réaction des différents acteurs impliqués dans le scénario à risque ainsi que ses réflexes dans la gestion de crise.

Jeudi 12 juin, donc, Caux Seine agglo était dès 10h20, en état de vigilance. Revima, entreprise aéronautique classée SEVESO Seuil haut, informait avoir déclenché son P.O.I (Plan d’Opération Interne). En cause une fuite d’acide cyanhydrique sur une cuve. 17 engins et 30 sapeurs-pompiers étaient en action à Revima. Un blessé léger était transféré au CHI (Centre Hospitalier Intercommunal) à Lillebonne.

 L’entreprise et celle voisine, l’entreprise Collet, immédiatement, se confinaient. Rives-en-Seine déployait son poste de commandement communal.

« En fonction de la montée en puissance, la Préfecture déclenchera le PPI (Plan Particulier d’Intervention). Ce plan assure la sauvegarde des populations, des biens et la protection de l’environnement en cas d’accident majeur », commente-t-on au sein de la cellule de crise de Caux Seine agglo, déjà en place.

La remontée d’informations est alors essentielle. Les réseaux d’échanges numériques mis en place pour cet exercice de sécurité civile dysfonctionnent ; les téléphones prennent le relais.

La réactivité de chacun est testée

13h16, Caux Seine agglo passe au niveau supérieur d’alerte. La fuite à Revima est maîtrisée mais un nuage toxique se forme. Il prend la direction Nord-Ouest. Une info remonte : La préfecture a demandé le confinement de ses équipes de la Direction Départementale des Territoires et de la Mer, implantée à Saint-Wandrille.

À la Maison de l’Intercommunalité, ordre est donné dans la foulée d’installer le P.C.O (Poste de Commandement Opérationnel), centre névralgique de la gestion de crise où en situation réelle, toutes les forces de sécurité seraient réunies : police, gendarmerie, pompiers…, et les équipes de Caux Seine agglo. Il sera monté en moins de 15 minutes par les agents de l’agglomération, habitués à l’exercice.

Le personnel de Caux Seine agglo est confiné. Le P.C.O prend attache avec l’ensemble des services de l’agglomération disséminés sur le territoire pour avoir une analyse à l’instant T et connaître structure par structure, le nombre de personnes confinées, agents comme usagers. Un exercice nécessaire qui a permis d’apprécier la réactivité de nombreux services comme la difficulté à joindre certains d’entre eux.

Caux Seine agglo joint également les mairies impactées pour leur demander d’une part d’informer leur population. Et savoir, d’autre part, si elles ont déclenché leur plan de sauvegarde. Celle de Saint-Arnoult est la première à donner l’exemple.

Les équipes de Caux Seine développement, associés pour la première fois à l’exercice, comptabilisaient pour leur part commerces et entreprises concernées pour être en mesure de leur fournir les informations sur la situation.

Le périmètre d’impact formait un cercle de deux kilomètres de rayon, autour du sinistre.

Une culture de la gestion du risque bien ancrée

14h02 : la fermeture du Pont de Brotonne est annoncée. La préfecture veut tester le système des barrières automatiques.

En même temps résonne la première FR Alert sur les téléphones portables pour prévenir la population du danger.

Caux Seine agglo fait en sorte de prendre contact avec toutes les communes qui en raison de la fermeture du pont et des déviations mises en place par les voiries communales, vont avoir un afflux de circulation dans leur village : Caux Seine agglo s’adapte.

« Nous avons cette culture de la gestion de crise. Deux exercices de sécurité civile ont déjà été réalisés sur le territoire en novembre 2023 puis en 2024. Deux exercices auxquels nous étions associés à la cellule de crise de la Préfecture. Mais comme nous y avons un représentant, à Rouen, nous n’avons pas eu ce lien direct cette fois-ci », explique Maritxu Penez, de la direction de la gestion des risques de Caux Seine agglo.

Les informations remontent. Trois victimes sont à déplorer à Revima : un mort et deux personnes en urgence relative.

14h40 : La réouverture du Pont de Brotonne est annoncée.

15h.02 : Le FR alert résonne pour la seconde fois. La fin de l’exercice est annoncée.

« Le lien agglomération / communes est crucial »

À Caux Seine agglo, un premier bilan s’impose.

« Ce qui s’est joué ici, et qui est le vrai sujet, c’est le lien entre l’agglomération et les communes. Des améliorations doivent être apportées pour fluidifier le transfert d’informations. Et il nous faut avoir des représentants dans la cellule de crise de la commune où se déroule le sinistre pour faciliter cette transmission. Nous avons vu que le fait d’avoir un représentant à la Préfecture, en la personne de Notre Présidente, Virginie Lutrot, nous a permis d’être très réactif sur le déclenchement du Plan intercommunal de sauvegarde. Si l’exercice était réel, cette anticipation nous aurait fait gagner un temps précieux », développait Olivier Rabaey, Directeur Général des Services de Caux Seine agglo..

Un retour d’expérience se prépare maintenant avec la Préfecture, afin d’identifier les axes d’amélioration à prévoir.

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