Les collections du musée Juliobona ont déménagé pour rejoindre des réserves où les 300 pièces vont être dépoussiérées, nettoyées et soigneusement entreposées. En dépit de la fermeture de l’établissement pour des raisons d’humidité et de fragilité structurelle, le musée Juliobona continue de vivre hors les murs et la collection reste une ressource à dévoiler au public comme pour faire avancer la recherche scientifique.
Cet imposant déménagement orchestré au musée Juliobona, s’est déroulé du 14 au 18 septembre selon un timing et une organisation rigoureuse. Le transfert des pièces de collection – un peu plus de 300 – imposait en effet une prise en charge fine pour préserver la pérennité de chacun de ces témoins de l’histoire daté tout de même de plus de 2000 ans ! Caux Seine agglo a confié cette mission à deux prestataires, experts dans leur domaine. L’entreprise HB Conservation prenait possession des lieux la première pour la prise en main des plus petites pièces : céramiques, verres, urnes, métal, restes humains, mosaïques, briques. Un total de 277 pièces étaient pointées et conditionnées avec la plus grande attention.
« Nous utilisons des mousses de transports et un tissu intissé pour éviter l’effet papier de verre et venir créer des lésions sur l’objet », expliquent Hugo Bordet et Thierry Oudoire, tous deux spécialistes des chantiers de collection dit toxiques. « Dans le cas présent, la présence de restes humains dans les urnes funéraires du musée justifie cette qualification. »
Tous deux armés de cutter, ils taillent les mousses de stockage des formes de chacune des céramiques, verreries, mosaïques… pour garantir leur maintien en caisse et leur transport dans des conditions optimales.
« Toute intervention, même minime, doit être la plus sécurisée possible. Nous devons garantir la pérennité de l’objet. »
Même attention portée aux éléments de collection par le deuxième prestataire, qui en fin de semaine, était en charge, lui, du déplacement des grosses céramiques et des blocs lapidaires, des pièces pesant jusqu’à 600 kilos.
Le musée reste en action
L’entreprise Bovis, spécialisée dans la manutention des pièces lourdes et fragiles, a bénéficié de la mise en place d’un circuit adapté et sécurisé, préparé par le service Bâtiment de Caux Seine agglo, pour faire circuler au rez-de-chaussée du musée, les engins de levage et sortir un à un ces imposants fragments d’architecture. Chaque pièce imposait des choix techniques à privilégier pour une approche sécurisée, d’intenses poussées sur les blocs pour les faire glisser sur le gerbeur.
« C’est un nouveau défi à chaque fois. La corbeille restera celle qui nous a posé le plus de questions avant d’agir », soulignait l’équipe Bovis.
Mise en valeur à trois mètres de hauteur sur un socle métallique, cette fameuse corbeille a finalement été mise à terre, dans le respect de la sécurité des hommes comme de ce témoin du passé. L’édifice de la place Félix Faure est maintenant vidé ; le musée Juliobona continue à exister. Caux Seine agglo a imaginé une programmation hors les murs pour porter au plus près des habitants la connaissance de la cité antique et des pièces de collection. Ces dernières restent aussi à la disposition des scientifiques pour faire avancer la recherche. Des partenariats ont été consolidés avec le Département pour imaginer des visites couplées théâtre romain et parcours dans la ville. Le travail avec les scolaires reste également intense. L’avenir du bâtiment, quant à lui, fera l’objet d’une réflexion menée par les élus dans le cadre du prochain projet de territoire.