Depuis septembre 2025, le chantier de doublement de la canalisation d’eau industrielle qui alimente 35 sites d’exploitation de la zone de Port Jérôme progresse pas à pas. Lundi 19 janvier, une étape cruciale de ce chantier était inaugurée à Port-Jérôme-sur-Seine avec le baptême du micro-tunnelier. Cet équipement à la technologie fine va permettre un forage souterrain et à l’horizontal sur 160 mètres de distance et à 13 mètres de profondeur. Explications.
Le chantier est un peu à l’écart de la route Henri Dunant, à Port-Jérôme-sur-Seine. Presque invisible pour le passant. Rien ne permet d’imaginer qu’il est exemplaire tant il mobilise de prouesses technologiques pour poursuivre le chantier du doublement de la canalisation d’eau industrielle entre les bassins de stockage de la rue Maryse Bastié et la porte Saint-Georges sur la zone industrielle de Port Jérôme. Ici, le maître d’œuvre du chantier, INGETEC avec le groupement d’entreprises NGE retenu pour l’opération, a conçu un puits de 13 mètres de profondeur, porte d’entrée d’un micro-tunnelier qui va effectuer un forage souterrain et horizontal sur une longueur de 160 mètres. Cette technique retenue au regard de toutes les contraintes de terrain en surface : franchissement de la Route départementale 281, de la rivière du Telhuet, présence des réseaux de gaz et d’assainissement…
122 000 m3/jour pour 35 industries
En ce jour inaugural, lundi 19 janvier, le micro-tunnelier était baptisé selon les us et coutumes de la Sainte-Barbe, qui en plus d’être patronne des pompiers, est celle aussi des mineurs. Selon cette tradition, un prénom féminin était donné à l’outil de forage. NGE a choisi celui de Virginie, en référence à la Présidente de Caux Seine agglo. « Un clin d’œil car ce micro-tunnelier est un exemple de précision, de rapidité d’action et d’ambition tout comme le sont les politiques de Caux Seine agglo. Ce chantier en est l’illustration », déclarait Louis Decotignie, directeur opérationnel NGE Normandie Centre Val de Loire.
Sur Caux Seine agglo, c’est une singularité, depuis 1972, les besoins en eau des industries sont approvisionnés grâce à l’usine d’eau de Norville qui permet d’éviter le pompage des nappes phréatiques, en favorisant celui des eaux de la Seine. Une fois traitées, elles sont acheminées jusqu’aux bassins de stockage situés rue Maryse Bastié avant d’être délivrées aux industriels. Environ 122 000 m3 par jour sont ainsi distribués.
Sécuriser les réseaux
Aujourd’hui, la pose d’une canalisation en acier de 1 200 mm de diamètre sur 1,9 km permettra d’assurer la continuité du service d’eau industrielle et de sécuriser la défense incendie des industries. Gilles Amat, Vice-Président de Caux Seine agglo en charge des réseaux précisait que cette future canalisation longera ensuite la RD 81 pour la franchir, en tranchée classique, au niveau du supermarché Carrefour Market et longera le chemin rural n°36. La durée des travaux d’un montant de 8 millions d’euros hors taxes, est estimée à 9 mois. « C’est un chantier que l’on attendait depuis longtemps. à Caux Seine agglo, nous faisons de l’accès à une eau potable de qualité une priorité absolue. Le renouvellement de nos réseaux fait partie intégrante de notre stratégie pour préserver durablement cette ressource vitale et garantir des conditions de distributions optimales », soulignait Virginie Lutrot, Présidente de Caux Seine agglo. Ce chantier de doublement de canalisation, à l’heure où une transformation industrielle majeure est en marche, portée par des projets de chimie responsable, d’hygiène décarboné et de recyclage plastique, s’imposait. « Il est même indispensable pour maintenir et réindustrialiser notre territoire », martelait la Présidente avant d’exposer la vision à long terme de Caux Seine agglo.
Un travail de résilience à mener
« L’eau est un bien commun : sa protection appelle des réponses ambitieuses face aux défis du climat, des pollutions ou encore de la pression sur les usages. Pour concilier les besoins agricoles, industriels, domestiques ou écologiques, nous devons agir collectivement. C’est le sens de notre engagement : une stratégie à long terme, multi-axes, pour préparer dès aujourd’hui l’eau de demain », exposait Virginie Lutrot. Gestion quantitative de l’eau potable, recherches de nouveaux forages, lutte contre les fuites sont d’actualité sur le territoire…
« Caux Seine agglo est très en avance sur les politiques de l’eau », reconnaissait Estelle Grelier, présidente France de la Saur, « face au stress hydrique (NDLR : rareté de l’eau), il faut anticiper. Les modèles actuels ne sont plus soutenables. »
Des propos abondés par la Présidente de Caux Seine agglo. « Il y a un vrai travail de résilience à mener. Nous ne pouvons plus rester sur le même modèle économique qui repose seulement sur le nombre de mètres cubes consommés. »