Faire bloc, plus que jamais !
La 34e convention d’Intercommunalités de France se déroulait au Havre du 16 au 18 octobre sur la thématique « Communes /Interco : faire bloc ensemble ». Un enjeu plus que crucial à l’annonce des mesures budgétaires que l’Etat veut imposer aux collectivités publiques. Explications.
C’est la ville du Havre que l’association nationale d’élus « Intercommunalités de France » a choisi pour tenir sa 34e convention annuelle. Plus de 2 000 congrétistes, des maires, conseillers municipaux, des présidents de communautés de communes et d’agglomération, des députés, des sénateurs se sont réunis pendant trois jours, du 16 au 18 octobre, au Carré des Docks. Cette convention prenait corps dans un contexte national tendu. L’état, dans le cadre du projet de loi de finances 2025, demande en effet aux collectivités locales de faire l’économie de 5 milliards d’euros directement prélevés sur leurs recettes. L’effort étant porté à hauteur de 3 milliards par les plus grandes collectivités.
Environ 450 collectivités, qui représentent 68 % des dépenses d’investissements, seraient alors concernées pour des montants allant de 0,8 à 154 millions d’euros par collectivités. Inacceptable pour les élus ! Alors les intercommunalités ont fait bloc. C’était d’ailleurs le thème de cette 34e convention : « communes- intercos : faire bloc ensemble. »
Réunis sous la banderole, « L’intercommunalité, çà compte !», les congrétistes ont adopté une motion unique pour s’opposer aux mesures budgétaires que l’Etat entend leur imposer.
Et les élus ont exprimé leur colère aux Ministres invitées en la personne de Catherine Vautrin Wautrin, Ministre du partenariat avec les Territoires et de la Décentralisation et Agnès Pannier-Runacher, Ministre de la Transition écologique, de l’Énergie, du Climat et de la Prévention des risques.
Des Ministres à qui ils ont demandé de relayer leur appel solennel au Premier ministre Michel Barnier à réunir sans délai l’ensemble des associations d’élus pour construire collectivement une réponse concertée aux difficultés que rencontrent le pays.
« Nous sommes confrontés à l’urgence comptable de l’Etat qui crée chez les élus une forme de sidération. Nous sommes complètement abasourdis d’autant que le remède préconisé va être pire que le mal. Cependant, nous restons une association d’élus responsable qui ne refuse pas de s’associer à l’effort demandé mais demande que sa hauteur fasse débat », réagissait Sébastien Martin, Président d’intercommunalités de France.
Un peloton protecteur
Les élus refusent avec force toute dégradation des services publics du quotidien essentiels à la population et rappellent que les Français les plus fragiles seraient les premiers à en faire les frais. « Rénovation énergétique, inclusion numérique, accès à la culture et au sport, accueil des enfants, eau de qualité et en quantité, solutions de mobilité pour tous, accès à la formation et à l’emploi… Nous ne pouvons briser ce qui fonde notre vivre-ensemble. Or ce coup de rabot, qui arrive en fin de mandat, met à mal la livraison de nos projets structurants », enfoncent les élus. Cette baisse de recettes de cinq milliards d’euros pourrait conduire par ricochet à l’endettement des collectivités et viendra fragiliser les intercommunalités dans leur rôle essentiel de portage de ces grands projets locaux.
« On peut faire des reproches à l’intercommunalité. Nous le savons. Mais elle est l’incarnation aujourd’hui du bloc local, ce guichet unique pour le citoyen. L’intercommunalité, c’est avant tout un collectif de maires qui décident de travailler ensemble, indépendamment de leur couleur politique, au service du citoyen. L’intercommunalité fonctionne comme un peloton dans une course cycliste : en travaillant ensemble, les communes se protègent du vent pour mener à bien leurs projets et franchissent les obstacles, chacune restant dans la roue de l’autre », défend Virginie Carolo-Lutrot, Présidente de Caux Seine agglo et Vice-Présidente d’Intercommunalités de France.