Caux Seine agglo qui est en charge de la renaturation d’une zone humide à Saint-Jean-de-Folleville a opté pour une pratique respectueuse de l’environnement pour le retrait de peupliers récemment abattus. Quatre chevaux de trait ont tracté les grumes, le temps d’une journée. Focus.
« Tout cheval de trait n’est pas forcément un percheron. » Sylvie Devignes est à l’œuvre sur l’hectare de terrain qui abritait encore tout récemment une peupleraie sur la zone industrielle de Port Jérôme 2 à Saint-Jean-de-Folleville. « Recule Farceur, recule ! »
Sur cet espace jonché d’obstacles, elle guide de sa voix Farceur et Diabolo, deux de ses chevaux de traits qui tractent les grumes de bois laissées au sol jusqu’à l’entrée du terrain où elles sont transformées en copeaux. Et ces deux bêtes de force ne sont évidemment pas des percherons.
« Je ne travaille qu’avec des Ardennais et des Bretons. Ces chevaux ont le mental comme la robustesse pour intervenir sur tout type de terrain. Et ils ont une grande capacité d’adaptions aux bruits des machines, aux terrains accidentés, sans jamais poser de problèmes », justifie la professionnelle.
Jusqu’à 500 kg à tracter par passage
Et à Saint-Jean-de-Folleville, le bruit des machines y était. Et le terrain était particulièrement contraignant, jonché d’arbustes, chargé en branchages.
« Tout ça ne demande qu’à nous sauter au visage et les cheveux, eux, peuvent trébucher ! ».
Pendant une journée, celle du mercredi 11 juin, Farceur et Diabolo, Deska et Bella ont travaillé par paires toute la journée pour extraire les grumes des 150 peupliers qui ont été abattus en mars dernier.
« Chaque grume pèse entre 300 et 500 kg auxquels on doit ajouter la masse générée par leur frottement au sol », précise Bruno Buttard, associé au chantier aux côtés de Sylvie Devignes.
« Nous avons l’habitude de travailler ensemble sur ces chantiers de traction animale », explique la responsable d’Aux Coul’Eure du cheval, l’entreprise implantée au Bosc-du-Theil, qu’elle a créée il y a une quinzaine d’années pour travailler avec l’animal. « J’étais dans le tourisme. Mais j’ai fait le choix il y a 15 ans d’allier mes deux passions pour les chevaux et l’environnement. Cavalière depuis toujours, je me suis formée, notamment aux côtés de Bruno, au métier. Nous sommes peu à le faire ! »
La traction animale pour plus d’avantages
Pourtant, favoriser la traction animale en milieu forestier ou naturel offre de nombreux avantages. L’utilisation des chevaux n’affecte que peu les sols : ils évitent leur tassement par les engins qui pourraient aussi creuser des ornières. Les chevaux n’abîment pas ou peu les arbres restés debout. Sur l’ancienne peupleraie, choix a été fait de maintenir des troncs en chandelle d’anciens peupliers, pour favoriser la nidification.
Enfin, les chevaux évitent tout simplement l’utilisation d’engins mécaniques coûteux et polluants.
Caux Seine agglo a délibérément choisi cette pratique plus respectueuse de l’environnement dans le marché passé avec l’entreprise Forêt et Environnement en charge de la renaturation de la zone humide de Saint-Jean-de-Folleville. Une zone où toutes les conditions sont actuellement remises en place pour lui permettre d’assurer ses fonctions naturelles de régulation des eaux pluviales, de captation du carbone et de préservation des espèces naturelles protégées qui y sont recensées.
Caux Seine agglo signe ici son 3eme chantier de renaturation de zone humide, réalisé dans le cadre d’une compensation environnementale. Une compensation encadrée par les dispositifs légaux de la loi Climat et Résilience de 2021.
Les aménagements de la zone humide à Saint-Jean-de-Folleville s’inscrivent en réponse à l’implantation sur la zone de Port Jérôme 2 de Air Liquide Normandy’, RTE, Futerro, Eastman et Engie Bioz.