Le programme de restauration des mares initié par Caux Seine agglo en 2024 se poursuit. Dix nouvelles mares vont être restaurées d’ici la fin du mois de novembre. Favoriser le retour de la biodiversité, combattre les espèces exotiques envahissantes mais aussi contribuer à la lutte contre les inondations. Les enjeux sont multiples. Focus avec le chantier participatif de la mare des Aulnes à Lillebonne.
A Lillebonne, le chantier est de taille. La mare du parc des Aulnes s’étend approximativement sur 7 000 m2. Elle est depuis deux ans le terrain de prédilection de la direction des transitions pour impliquer des étudiants dans le programme de restauration des mares initié par Caux Seine agglo depuis 2024. Une collaboration avec la MFR (Maison Familiale et Rurale) de Coqueréaumont permet la venue de nouvelles classes chaque année.
Jeudi 1er octobre, deux étaient en place : une classe de BTS « Gestion et Protection de la nature » ; une seconde de Licence Professionnelle « Métiers de la protection et de la gestion de l’Environnement – Parcours Zone humide et mares ».
Les élèves s’attelaient à la même mission que leurs prédécesseurs : procéder à la coupe des rejets de saules et d’aulnes qui colonisent la mare dans sa partie centrale. « Cette action est essentielle pour aider la mare à retrouver ses fonctionnalités naturelles », démarre Margot Collé, technicienne mare de Caux Seine agglo.
Les 7000 m2 de cet espace naturel joue un rôle crucial dans la lutte contre les inondations. « C’est une vraie zone tampon qui permet d’absorber en cas de fortes pluies le trop-plein des rivières de l’Aulne et de Bolbec, dont deux bras longent la mare. En raison de la colonisation de la végétation, elle régule moins bien cet afflux et le parc s’en trouve régulièrement inondé. »
La lutte contre la progression de ces arbres ou arbustes devient ainsi un véritable défi que les futurs professionnels de la défense environnementale ont à cœur de relever.
« Quatre jeunes de la Mission locale Caux Vallée de Seine sont venus renforcer cette équipe. C’était une première pour eux », se réjouit Margot Collé, qui entend sensibiliser le plus grand nombre à la compréhension et la sauvegarde de leur environnement.
De vrais enjeux environnementaux à la clé
Ce chantier participatif venait introduire la nouvelle saison du programme de renaturation des mares de Caux Seine agglo. Jusqu’à fin novembre, en effet, sa direction des transitions va intervenir sur 10 mares disséminées sur le territoire, recensées en 2024 pour leur état dégradé et qui vont bénéficier d’aménagements spécifiques. Quatre sont communales : au Parc d’Anxtot, où Margot Collé, était encore récemment, les efforts de renaturation se concentraient sur deux mares. Les communes de Notre-Dame-de-Bliquetuit et Cléville profitent aussi du programme.
Les aménagements se font aussi à destination de mares privées comme à Rouville, Lillebonne ou encore Cléville. « Nous intervenons sur plusieurs mares dans cette même commune de Cléville. C’est inhabituel mais il y a aussi ici un vrai enjeu de lutte contre les inondations », explique la technicienne.
Caux Seine agglo, dans le cadre de ce programme, accompagne évidemment le financement des travaux. Le coût moyen d’un chantier de renaturation s’élève à 3 500 euros, couvert à 80% par les Fonds Européens Feder, attribués par la Région Normandie. L’agglomération assume les 20 % restants.
Le programme de restauration des mares court jusqu’en 2026. Dix nouvelles mares vont être recensées cette année pour des travaux, l’année prochaine. En trois ans, Caux Seine agglo aura remis en état de fonctionnement, 30 mares sur le territoire.