Invitée de la Fabrik à Sons, l’artiste-plasticienne Camille Screve est en résidence jusqu’à l’été 2025 à Bolbec pour conduire un projet sur le textile, en lien avec la riche histoire industrielle de la ville. Ce projet se veut avant tout collaboratif : dès janvier 2025, les habitants pourront prendre part à des ateliers pour collaborer au projet, en vue d’un défilé à l’été. Présentation.
Camille Screve, artiste plasticienne, est étudiante en dernière année de l’Esadhar (École Supérieure d’Art et Design) à Rouen. Depuis cinq ans, elle y affirme son identité artistique par l’usage de nombreuses techniques et de multiples matériaux. Mais la jeune femme ne s’en cache pas : le textile a toujours été sa matière de prédilection. Elle aurait aimé, d’ailleurs, avant son intégration à Rouen, pouvoir s’inscrire aux Beaux-Arts d’Angers qui compte une spécialisation textile pour explorer ce matériau dans ses moindres fibres. L’occasion lui en est donnée aujourd’hui à Bolbec où Camille Screve se pose en résidence. Elle a été retenue dans le cadre de l’appel à projets « Territoires ruraux, territoires de culture », porté par le Ministère de la culture, auquel La Fabrik à sons a répondu. L’association, habituellement tournée vers les musiques actuelles, « a choisi de sortir de sa zone de confort », comme en témoigne Morgane Olivier, sa coordinatrice, pour porter un projet qui rend hommage au passé industriel de la ville à l’intérieur d’une résidence artistique qui favorise la rencontre avec les habitants.
Un projet dont les contours se dessinent. Mercredi 20 novembre, La Fabrik à Sons invitait de multiples acteurs, peut-être de futurs partenaires, à une présentation de la résidence artistique en présence de Camille Screve.
La jeune artiste prévoit en effet d’associer les habitants de la ville à différents ateliers pour une mise en lumière de l’art textile. Le contenu de ces ateliers prend corps désormais après deux mois d’intenses recherches et de rencontres pour mieux se plonger dans les heures glorieuses du passé textile de Bolbec.
« Je suis allée aux Archives de la ville, ai visité l’atelier-musée du textile. La linerie de Raffetot m’a également ouvert ses portes. À chaque fois, à l’évocation de notre projet, je vois des yeux qui pétillent, parfois presque des larmes, autant de signes d’un attachement incroyable du territoire au textile. J’avoue être très émue à chaque fois. Et toutes ces personnes ont dit leur volonté à vouloir adhérer au projet. »
Des ateliers pour enfants et adultes
Cette plongée au cœur de la mémoire du textile a permis à Camille d’élaborer un contenu approprié à ses prochains ateliers qui démarreront en janvier 2025. L’atelier Tapichoirs permettra la confection d’une tapisserie à la taille d’un des fameux mouchoirs de Bolbec. « Cet atelier permettra de tester la technique du feutrage à l’aiguille. » Camille envisage aussi d’aller recueillir les phrases clés d’anciens du textile pour les reproduire à la broderie sur de grands morceaux de tissus. Un atelier plus expérimental attend également les participants avec Expérimentasons Coton : cette fois-ci, c’est le son des machines de production mais aussi de tout l’environnement des usines – moulin et rivières – qui seront enregistrés en vue de l’élaboration d’un clip musical. « L’idée est d’investir toutes les générations à l’intérieur de ce projet, les jeunes de la MJC comme nos seniors des résidences autonomie. »
Camille sait qu’elle peut déjà se mettre à l’ouvrage : elle croule sous les matières. Les habitants ont déjà répondu en nombre à l’appel aux dons lancé par la Fabrik à sons , il y a deux mois. Preuve une nouvelle fois de l’affection portée à l’histoire du textile bolbécais. Ce projet artistique – qui promet de belles collaborations à l’heure – entre en tout cas en résonnance avec la Cité du textile de demain que Caux Seine agglo entend développer sur les hauts lieux du passé textile de la ville.